Jeu du samedi 09 décembre

Bonjour à toutes et bon samedi ! 

Bravo Karine M. ! Cette femme Sarde récolte le byssus, ou la bysse en français et attention parler de ce sujet sans être graveleux n’est pas facile, je vous préviens… 

La bysse est un ensemble de fibres (principalement de la kératine et de la protéine) produit principalement par la moule et la grande pinne (je vous avais prévenu…) pour leur permettre de s’accrocher aux rochers. Les mytiliculteurs (nouveau mot pour moi : qui élèvent les moules) débyssussent (un deuxième nouveau mot, chouette !) les moules avant de les vendre. 

La bête qui nous intéresse est plutôt la grande pinne, 70 cm tout de même (appelée aussi “grande nacre”, “jambonneau de mer” mon préféré ou “hérissé”) qui produit la bysse qu’on transforme en textile appelé soie de mer ou laine de poisson (j’ai une préférence pour laine de poisson que je trouve plus drôle). Les barbes peuvent dépasser les 20 cm mais chaque pinne ne donne pas plus de 2 grammes de fibres. la bysse est extrêmement fine, jusqu’à 5 fois plus fine qu’un cheveu. Elle est lavée, éclaircie puis cardée comme toute fibre textile. 

La bysse n’intéresse pas que les artisans textile, la fibre est adhésive, très résistante à l’usure et élastique. On s’en sert déjà pour certaines colles chirurgicales.    

Le textile produit, qu’il soit tissé ou tricoté est donc un produit d’exception. Les ouvrages historiques connus en bysse étaient destinés aux papes ou aux têtes couronnées. Aujourd’hui en voie d’extinction, la grande pinne est protégée dans l’UE et il est désormais interdit de la pêcher ou même de l’enquiquinner. 

 Un gant tricoté en bysse
Un gant tricoté en bysse
 Une chasuble tissée au XIIIe siècle, c’est solide !
Une chasuble tissée au XIIIe siècle, c’est solide !

La personne en photo pour illustrer ma question est Chiara Vigo qui exerçait encore il y a peu. Issue d’une longue lignée de récoltants / transformateurs de bysse, elle a une dérogation pour pratiquer son activité car elle prélève peu et bien, sans tuer l’animal. Elle ne fait pas commerce de ses créations (broderies, tissage) mais les offre comme des amulettes aux gens qui en ont besoin, la bysse ayant, selon la tradition sarde, des propriétés magiques de protection et de réalisation des souhaits. 

Si vous vous baladez en Sardaigne, son musée est à voir, j’organiserais bien mes vacances exprès pour y aller : https://www.tripadvisor.fr/Attraction_Review-g608919-d7309390-Reviews-Museo_del_Bisso_di_Chiara_Vigo-Sant_Antioco_Isola_di_Sant_Antioco_Province_of_Car.html

Par ailleurs, la bysse de moule est, comme la laine du mouton, considérée comme un déchet alors qu’il y aurait énormément de choses à en tirer ! De l’alimentation, très nourrissante, pour le bétail, des compléments alimentaires, des produits cosmétiques, isolation thermique et acoustique, propriétés ignifuges pour les tenues de pompiers… certaines entreprises s’emparent enfin du projet.

Aujourd’hui, je vous propose un objet mystère : qu’est-ce et à quoi sert-il ? 

Très bon weekend ! 

3 réponses à « Jeu du samedi 09 décembre »

  1. Bonjour,Je pense que c’est un ancien couteau à ébourrer, opération qui consistait à enlever le bourre (reste de laine) des peaux de mouton avant le tannage.Belle journée !

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  2. La visite de la Sardaigne méritait bien un petit tour dans ce musée. Pour l’objet mystère, je donne ma langue au 🐱. Bonbe semaine

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  3. Exactement Flo !C’est un couteau de tanneur, dit "couteau à ébourrer", pour préparer la peau côté laine en arrachant les poils ( un épilateur en somme !), du côté chair c’est un couteau dit "couteau à echarner " que l’on utilise, sa lame est lisse.Bravo Flo.

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